Comment le microbiote peut-il influencer la perte de poids ?

microbiote et perte de poids

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Le microbiote est un sujet incroyablement captivant. Son exploration suscite un intérêt croissant alors que nous nous efforçons de le décortiquer afin de prendre soin de notre digestion, renforcer notre système immunitaire, améliorer notre peau, et même atteindre des objectifs de perte de poids. En effet, la composition de notre microbiote peut interférer dans notre capacité à perdre efficacement du poids.

Alors, si vous avez l’impression d’avoir tout essayé (régimes, sports, massages, astuces de grand-mère…) mais que rien ne semble fonctionner malgré vos efforts, il est peut-être temps de vous poser les bonnes questions. Et si le problème venait de votre intestin ? Comment rééquilibrer son microbiote pour maigrir sainement ? Quel complément pour une perte de poids réussie ?

On vous dit tout ici…

Perdre du poids sainement grâce au microbiote : ce que vous devez savoir

Petit rappel, notre intestin abrite la plus forte concentration de bactéries de tout le corps humain. On parle de trillions de micro-organismes interconnectés, principalement composés de bactéries, de virus et de champignons non-pathogènes.

Au cœur de cet écosystème riche et diversifié, les Firmicutes et les Bacteroides sont des espèces prédominantes. Ces bactéries bénéfiques affectent la manière dont le corps va stocker et déstocker les graisses.

L’influence du microbiote : comment les bactéries contrôlent votre poids ? 

Vous vous rappelez qu’à l’instar de notre ADN et de nos empreintes digitales, notre microbiote est lui aussi unique ? À chacun ses bactéries ! Bien qu’il y ait des similitudes, les colonies bactériennes qui vivent dans le microbiote diffèrent d’une personne à une autre (aussi bien quantitativement que qualitativement).

Il a été prouvé que le bien-être de l’hôte (le nôtre en l’occurrence), dépend intrinsèquement de la densité, mais également de cette diversité microbienne dans notre tube digestif. Encore une fois, tout est une question d’équilibre.

On associe le plus souvent les Firmicutes au métabolisme énergétique vu leur affinité particulière avec les aliments riches en graisses et/ou en glucides. Ces bactéries fournissent à notre organisme une source de calories supplémentaire qu’elles extraient à partir de ce que nous mangeons. L’abondance de Firmicutes dans la flore intestinale favorise un apport calorique plus élevé ; autrement dit un stockage excessif de graisses qui explique de potentiels surpoids. Cela se manifeste par la formation de tissu adipeux dans différentes parties de notre corps, à savoir au niveau du ventre, des bras, des cuisses et des fesses.  

Les Bacteroides sont des acteurs clés dans laproduction de certains acides gras à chaîne courte (AGCC) qui sont essentiels dans la régulation de l’appétit et de l’inflammation. Ce genre de bactéries intestinales peut alors exercer une influence sur les hormones digestives telles que la cholécystokinine ou CCK (celle qui favorise la satiété), et la ghréline (celle qui stimule l’appétit). Entre autres, la population de Bacteroides module activement la réponse immunitaire afin de prévenir la surcroissance de certaines bactéries pathogènes, et ainsi maintenir l’équilibre de notre flore intestinale.  

Des études suggèrent qu’une plus grande variété de bactéries est observée chez les individus considérés comme « en bonne santé » et à la corpulence normale. En revanche, des troubles métaboliques sont la plupart du temps constatés chez les personnes en surpoids ou souffrant d’obésité. Dans ces cas-ci, l’équilibre du microbiote est compromis par la prévalence accrue de certaines espèces (à savoir les Firmicutes), entraînant un excès de masse grasse liées à de sérieux problèmes de santé (dépression, insomnie, insuffisance cardiaque, AVC, diabète de type 2, arthrose…).

Obésité et perte de poids : quel est le rôle du microbiote intestinal ?

Nous l’avons compris, le microbiote intestinal joue un rôle indiscutable dans la gestion efficace du poids. Si l’équilibre au sein de cet écosystème microbien venait à être compromis (régimes alimentaires déséquilibrés, prise d’antibiotiques, stress…), cela pourrait entraîner des troubles métaboliques incluant les fringales incontrôlées, la prise de poids, l’obésité ou encore la résistance à l’insuline.

Essayons de comprendre ses liens avérés qui sous-tendent une prise de poids soudaine et/ou conséquente

Le lien entre la sérotonine et la prise de poids 

Vous avez sûrement entendu parler de notre deuxième cerveau ? Il s’agit de l’intestin avec ses 100 millions de neurones qui composent notre système nerveux entérique (SNE) et les milliards de microorganismes de notre microbiote intestinal. Et vous savez quoi, nos 2 cerveaux communiquent continuellement. La sérotonine est un neurotransmetteur clé dans cette relation bidirectionnelle entre l’intestin et le cerveau. Majoritairement sécrétée par nos cellules intestinales (environ 95%), elle est également produite dans notre cerveau, influençant ainsi les processus impliqués dans le contrôle de l’appétit et du comportement alimentaire. Qu’est-ce que tout cela implique ?

Une dysbiose intestinale induit souvent une perte de poids difficile et des fringales de sucre. Voici comment cela fonctionne : le déséquilibre du microbiote impacte la production de neurotransmetteurs, dont la sérotonine (intimement liée à notre humeur et à la régulation de la satiété). Les niveaux de sérotonine influencent nos goûts alimentaires. Selon le Professeur Bernard Sablonnière : « Un taux élevé de sérotonine…diminue l’appétit pour les sucres ». Inversement, un manque de sérotonine peut très vite se traduire par des troubles alimentaires accompagnés d’un état de stress, de dépression ou d’anxiété. Les fortes envies d’aliments sucrés et riches en glucides sont stimulées par la recherche d’une sensation de satisfaction et de réconfort. Malheureusement, le « sucre » ne peut qu’augmenter temporairement les niveaux de sérotonine et stimuler les signaux de plaisir qu’à court terme, actionnant ainsi un cycle vicieux de dépendance alimentaire.

Le microbiote et la résistance à l’insuline, quel lien ?

Les changements dans la composition des souches bactériennes de l’intestin (diminution des bonnes bactéries et une augmentation des mauvaises) sont à l’origine de problèmes métaboliques contribuant à la prise de poids. La résistance à l’insuline qui est principalement associée au développement du diabète de type 2, fait partie de ces troubles.  

On vous explique. D’une part, le corps libère de l’insuline pour transporter le glucose présent dans notre alimentation vers nos cellules qui vont à leur tour l’utiliser comme source d’énergie. D’autre part, une dysbiose intestinale peut perturber la façon dont notre organisme métabolise les aliments. Un déséquilibre peut déclencher une inflammation susceptible d’aggraver la résistance à l’insuline. Cette insulinorésistance signifie que le glucose ne sera plus utilisé efficacement se traduisant par une augmentation alarmante de l’appétit et un taux de sucre élevé dans le sang. 

Est-ce que les probiotiques aident vraiment à maigrir ?

La réponse est OUI. Les probiotiques alias « Bonnes Bactéries » sont impliqués dans la digestion et le contrôle de l’appétit, ce qui explique en partie leur rôle important dans un régime minceur.

Voici comment ces microorganismes vivants dans notre intestin peuvent également réguler le poids. En restaurant l’équilibre du microbiote intestinal, ils aident à réduire l’inflammation dans le corps permettant d’améliorer la sensibilité à l’insuline et le métabolisme lipidique.

Prendre des probiotiques en complément alimentaires est un choix judicieux pour garder votre intestin en bonne santé. Comme leur utilisation n’a pas été spécifiquement établie à ses fins, il est important de choisir le bon probiotique. Les bienfaits varient en fonction des souches de probiotiques qui composent chaque produit.

Nous nous intéresserons sur deux souches en particulier : les Lactobacillus et les Bifidobacterium. Ces deux espèces de probiotiques sont les plus utilisées dans la formulation des compléments alimentaires, et elles semblent avoir fait leur preuve en affichant les meilleurs résultats dans les différentes études menées sur l’obésité et la perte de poids.

Une cure de probiotique est aussi conseillée afin de restaurer l’équilibre délicat de notre microbiote pendant et/ou après une infection, des troubles digestifs, des traitements antibiotiques (les antibiotiques ont tendance à éliminer non seulement les mauvaises bactéries, mais également les bactéries bénéfiques présentes dans l’intestin.).

ATTENTION ! On ne parle pas d’une solution miracle qui à elle seul peut vous faire perdre du poids. Les probiotiques contribuent à une perte de poids surtout accompagnés de prébiotiques, et ce, dans le cadre d’un mode de vie sain.

Les aliments qui font maigrir : nourrir les bonnes bactéries

Une alimentation qui favorise une perte de poids réussie est non seulement constituée de brûleurs des graisses, mais également de « nourritures » pour  les bactéries bénéfiques de notre intestin (notamment, les prébiotiques). Naturellement, un régime alimentaire sain et équilibré est indissociable d’une la flore intestinale en bonne santé.

Si les antibiotiques, le tabac, l’alcool, la consommation excessive de sucre et d’aliments transformés (bonbons, les biscuits, les sodas, les charcuteries industriels…) avantagent potentiellement la croissance des mauvaises bactéries ; la liste suivante est à privilégier afin de soigner son microbiote.

Les aliments à inviter dans votre assiette : 

  • Le thé vert, l’allié minceur par excellence
  • Les légumes à feuilles vertes riches en fibres : épinards, brocolis, haricots verts, choux, laitues…
  • Les légumes peu caloriques : asperges, poireaux, radis…
  • Les légumes colorés riches en nutriments bénéfiques : tomates, carottes, poivrons, courges, aubergines…
  • Les légumineuses riches en protéines végétales : haricots secs, lentilles, pois…
  • Les aliments fermentés riches en probiotiques : yaourt nature, kéfir, choucroute, kimchi…
  • Les fruits riches en antioxydants : myrtilles, fraises, grenades, canneberges, pommes, pamplemousse, oranges…
  • Les fruits à coque et graines riches en acides gras sains : noix, graines de lin, graines de chia, graines de tournesol…
  • Les grains entiers riches en fibres prébiotiques : quinoa, avoine, riz complet…

Références

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